La CGT plaide pour une transition juste à la COP Biodiversité
Alors que se déroule la dix-septième COP Biodiversité à Erevan, la CGT défend une approche plaçant les travailleurs, les droits sociaux et la justice environnementale au cœur des décisions. Le syndicat présente huit priorités et sept axes pour une transition juste, insistant sur la nécessité de lier préservation de la biodiversité, emploi de qualité et renforcement des services publics.

Contexte de la COP Biodiversité
La dix-septième COP Biodiversité se tient du 17 au 30 octobre à Erevan, dans un contexte d’accélération de la destruction du vivant. Artificialisation des sols, déforestation, pollutions chimiques, surexploitation des ressources naturelles et dégradation des milieux aquatiques menacent les écosystèmes et, par extension, les activités dépendantes de ces milieux, ainsi que la santé et les conditions de travail de millions de personnes. Publié le 28 octobre 2026, le document de la CGT rappelle que la protection de la biodiversité doit être indissociable de la défense des emplois, de l’amélioration des conditions de travail, de la réduction des inégalités et du développement des services publics.
Priorités syndicales pour la COP 17
La CGT expose huit priorités revendicatives. Le syndicat exige que la transition juste devienne un principe transversal de la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité, en intégrant systématiquement les impacts sur l’emploi, les conditions de travail, les qualifications et les territoires. Il demande la pleine reconnaissance des travailleurs et des organisations syndicales dans la gouvernance des politiques de biodiversité, ainsi que des financements publics suffisants, accessibles et contrôlés démocratiquement. Parmi les autres points figurent la transformation du modèle productif, la garantie des droits sociaux et professionnels, la défense des droits des peuples autochtones et des communautés locales, le renforcement des obligations des entreprises et l’utilisation de la première évaluation mondiale du Cadre de Kunming-Montréal comme levier d’accélération de l’action.
Transition juste : sept axes concrets
Les sept axes défendus par la CGT visent à structurer les politiques environnementales autour de la transition juste. Il s’agit de reconnaître le rôle des travailleurs dans la préservation et la restauration de la biodiversité, d’intégrer systématiquement les enjeux d’emploi dans les stratégies nationales, et de mettre en place des dispositifs de transition incluant dialogue social, négociation collective, formation et protection sociale. Le syndicat préconise également d’anticiper les conséquences économiques et sociales, de créer des emplois durables dans les secteurs écologiques, et de diversifier économiquement les territoires pour éviter l’abandon ou la dégradation des conditions de vie. La transformation du modèle productif passe par une planification écologique et industrielle démocratique, la conditionnalité des aides publiques à des critères sociaux et environnementaux, et le renforcement des normes et des services publics de contrôle.
Financement public et services
La CGT insiste sur la nécessité de financements publics suffisants, prévisibles et contrôlés pour la préservation et la restauration des écosystèmes. Le syndicat demande que ces fonds soutiennent les services publics, la réhabilitation des milieux naturels, les activités durables et la création d’emplois de qualité, sans accroître l’endettement des pays bénéficiaires ni favoriser la marchandisation du vivant. Il appelle à une contribution renforcée des pays les plus aisés, en respectant les capacités différenciées des États, et à donner la priorité aux subventions et aux financements publics de long terme, assortis de garanties de contrôle démocratique impliquant travailleurs, syndicats et société civile.
Perspectives pour les travailleurs et les territoires
En plaçant les travailleurs et leurs représentants au cœur des décisions économiques et environnementales, la CGT vise à peser réellement sur l’avenir professionnel et celui des territoires. Le syndicat défend une approche de la protection de la biodiversité fondée sur les droits, la justice sociale et la coopération internationale, en veillant à ce que les populations les plus vulnérables ne soient pas les premières à souffrir. Cette vision ambitionne de transformer le modèle économique en un modèle durable, capable de garantir des emplois de qualité, des services publics renforcés et une meilleure protection de la santé des travailleurs face aux dégradations environnementales.
